Quand on s’intéresse aux compléments de collagène, on tombe rapidement sur les mentions « type 1 », « type 2 » ou « type 3 » sur les étiquettes. Mais ces distinctions ont-elles vraiment un impact sur l’efficacité ? Voici une explication claire et honnête basée sur les données scientifiques disponibles.

Combien existe-t-il de types de collagène ?
À ce jour 28 types de collagène ont été scientifiquement identifiés dans l’organisme humain. Chacun a une structure, une localisation et un rôle spécifiques. Les types 1, 2 et 3 représentent à eux seuls environ 90% du collagène total du corps.
Les types 4, 5 et 10 sont présents en plus faibles quantités mais jouent des rôles ciblés intéressants pour la supplémentation.
Les principaux types de collagène
Le collagène de type 1
Le plus abondant de l’organisme avec 80 à 90% du collagène total. On le trouve dans la peau, les os, les tendons, les ligaments et les dents. C’est le type de référence pour les effets sur la peau, la fermeté cutanée et la santé osseuse. En complément alimentaire il est issu de la peau de poissons (collagène marin) ou de bovins (collagène Bovin).
Le collagène de type 2
Le collagène spécifique du cartilage articulaire et du vitré de l’œil. C’est pour cette raison qu’il est souvent présenté comme le collagène des articulations. En complément alimentaire il provient des cartilages de bœuf ou de poulet. Il existe aussi une version marine issue de poissons cartilagineux comme la raie, mais cette source pose des problèmes écologiques.
Le collagène de type 3
Accompagne souvent le type 1 dans la peau, les vaisseaux sanguins et certains organes comme le foie, les poumons et les intestins. En complément alimentaire il provient des mêmes sources que le type 1 : peau de poissons ou de bovins. C’est pourquoi beaucoup de collagènes bovins affichent la mention « type 1 et 3 ».
Le collagène de type 5
Se trouve coassemblé avec le type 1 dans la peau et les os. Il joue un rôle dans la structure fine des tissus et l’organisation des fibres de collagène. En complément alimentaire il est principalement issu de la membrane d’œuf.
Le collagène de type 10
Est présent dans le cartilage en croissance et impliqué dans la calcification osseuse. Sa particularité est sa teneur en cystéine, un acide aminé quasi absent des autres types, qui renforce la structure des articulations et contribue aux ponts disulfures de la kératine dans la peau, les cheveux et les ongles.
Tableau comparatif des types de collagène
| Type | Localisation principale | Source en complément | Intérêt principal |
|---|---|---|---|
| Type I | Peau, os, tendons | Poisson, bovin | Peau, cheveux, ongles, os |
| Type II | Cartilage articulaire | Cartilage bovin, poulet | Articulations |
| Type III | Peau, vaisseaux, organes | Poisson, bovin | Peau, vaisseaux |
| Type V | Peau et os | Membrane d’œuf | Structure fine des tissus |
| Type X | Cartilage en croissance | Membrane d’œuf | Articulations, kératine |
Type 1, 2 ou 3 : la distinction a-t-elle vraiment un impact ?
C’est là que la réalité scientifique diverge du marketing. La promesse implicite de beaucoup de marques est que le collagène issu du cartilage animal ira nourrir notre cartilage, et que celui issu de la peau ira nourrir notre peau. Ce n’est pas ce que disent les études.
Voici pourquoi. Le collagène natif n’est pas absorbable en l’état par l’organisme : c’est une protéine trop volumineuse (environ 300 000 Daltons). Il doit obligatoirement subir une hydrolyse enzymatique qui le fragmente en peptides de faible poids moléculaire (idéalement inférieurs à 2500 Da) pour traverser la barrière intestinale. Or une fois hydrolysés les peptides obtenus à partir du type 1, du type 2 ou du type 3 ont des profils en acides aminés très proches.
Les différences entre types se résument à de légères variations en hydroxyproline et hydroxylysine. Par exemple le type 1 contient environ 13% d’hydroxyproline contre 10% pour le type 2, et 1% d’hydroxylysine contre 3-4% pour le type 2.
Des variations marginales qui n’ont pas d’impact clinique significatif démontré dans les études comparatives. Un collagène hydrolysé de type 1 montre des résultats similaires au type 2 sur les articulations, et inversement.
La seule exception notable est le type 10 avec sa teneur spécifique en cystéine, un acide aminé structurellement important pour le cartilage et la kératine, quasi absent des autres types.
Alors qu’est-ce qui différencie vraiment un bon collagène ?
Si le type de collagène compte peu, voici ce qui fait vraiment la différence en pratique.
La qualité de l’hydrolyse et le poids moléculaire sont les critères les plus importants. Un collagène bien hydrolysé avec un poids moléculaire inférieur à 2500 Da est absorbé de façon optimale par l’intestin. Un collagène mal hydrolysé ou à poids moléculaire trop élevé sera partiellement dégradé avant d’atteindre les tissus. Le collagène Peptan® à 2000 Daltons ou le Naticol® sont de bons exemples de collagènes à faible poids moléculaire.
Le dosage quotidien est le deuxième critère. De trop nombreux produits proposent des doses insuffisantes, notamment en gélules. Les doses cliniquement validées sont de 5 à 10g par jour pour la peau et 10g par jour pour les articulations et le sport. En dessous de ces seuils les effets sont très limités.
La transparence du fabricant sur l’origine des matières premières, les méthodes de production et les analyses de contaminants est un indicateur de qualité incontournable.
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Sources :
- León-López A et al. (2019), Molecules. Hydrolyzed Collagen Sources and Applications. → https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31744014/
- Proksch E et al. (2014), Skin Pharmacology and Physiology. Oral supplementation of specific collagen peptides has beneficial effects on human skin physiology. → https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/24401291/
- Shoulders MD, Raines RT. (2009), Annual Review of Biochemistry. Collagen structure and stability. → https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/19344236/
